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Les thèmes

L'appel à projet est balisé par huit thèmes auxquels les participants doivent se raccrocher. Les thèmes permettent de clarifier le cadre des propositions mais ne servent en aucun cas à les hiérarchiser.

Le participant pourra choisir jusqu'à trois thèmes pour son projet. Si le projet comporte plus d'un thème, un thème principal devra être désigné.

Conduite adaptée / mobilités innovantes

Le Département a l’ambition de transformer sensiblement le boulevard circulaire pour en faire à terme un ou des boulevards urbains agréables à vivre. Dans cette optique, la conduite devra être adaptée au fait que l’on se situera non pas sur un circuit périphérique mais bien en ville. Cette conduite adaptée, objectif du Département des Hauts-de-Seine, est un facteur d'amélioration de la fluidité du trafic, de la sécurité routière et des nuisances sonores et polluantes. Or, le boulevard Circulaire est un axe routier complexe à multiples entrées et sorties et à fort trafic (30 000 véhicules/jours).

D’une manière générale, les éléments connus contraires à une conduite adaptée à la ville sont :

  • La densité du trafic ;
  • Le manque d’entretien ;
  • La lisibilité de la route ;
  • La facilité d’accès et de progression ;
  • L’absence de services à la mobilité ;
  • La continuité des réseaux de télécommunications (GPRS, GPS, 4G, WIFI etc.)

 

L’accompagnement visuel (et peut-être sonore) de la route doit être dans toute réflexion liée à une conduite adaptée. Cela peut passer par une refonte de la signalétique incluant une signalisation dynamique couplée à une gestion dynamique de la circulation (des voies, de la vitesse, des accès, des catégories de véhicule, détection des accidents, incidents) en fonction du trafic et des interventions sur le boulevard circulaire et ses abords, via un recueil de données en temps réel (comptage des passagers…). Cela peut passer aussi par une amélioration des équipements de télécommunication entre l’infrastructure et les véhicules que l’enclavement du boulevard ne favorise pas (ainsi, pour le GPS, il y a parfois plus de 20 mètres d’erreur) et par la mise en place d’outils permettant la communication entre véhicules connectés. Cela peut encore passer par le développement de services aux abords du boulevard circulaire comme des arrêts, des stations de véhicules liées aux nouvelles mobilités ou mobilités innovantes ou bien encore la gestion du stationnement en surface. Cela peut passer aussi par l’expérimentation de services de logistique urbaine ou de livraison de chantier.

On peut penser à des mobiliers urbains innovants permettant d’assurer des fonctions multiples et de contribuer au confort des usagers et à l’aspect visuel d’un site très structuré par la verticalité.

L’éclairage apparaît comme un élément particulièrement central dans la mise en place d’une conduite apaisée participant à la sécurisation et à la création d’un paysage nocturne. Un éclairage durable est l’utilisation de moins d’énergie répondant aux nécessités de sécurité tant routière que policière. Pour cela, on peut penser à des revêtements de chaussée « éclairants » ou des variations de l’éclairement en fonction de la circulation et du trafic automobile, cycliste ou piétonnier. L’éclairage doit également être compatible avec les enjeux écologiques (par rapport aux espèces lucifuges : certains insectes, chauves-souris…) par la mise en place d’un éclairage adapté (orientation des lampadaires, choix des ampoules).

L’apaisement de la circulation passe aussi par le changement des comportements. Les outils actuels permettent de sanctionner efficacement les infractions liées au franchissement des feux rouges et au non-respect des limites de vitesse. L’expérimentation de la surveillance d’autres comportements à risques (changement de file dangereux, non-respect des distances de sécurité…) constituerait un apport important à la sécurité des usagers du boulevard circulaire.

Pour accompagner le Département dans sa politique de mobilités innovantes, routes connectées, voirie adaptée aux véhicules autonomes, on peut proposer des expérimentations sur la mise en œuvre de services à la mobilité, sur la sécurisation de traversées piétonnes, sur la route économe en ressources naturelles, la route à énergie positive, la route connectée aux différents usagers.

Valorisation énergétique

Le fonctionnement du boulevard circulaire nécessite l’emploi d’une quantité significative d’énergie tant sous forme primaire (électrique notamment : éclairage, ventilation des tunnels…) qu’au travers d’actions d’entretien ponctuelles (viabilité hivernale…).

Dans le même temps, l’infrastructure produit de l’énergie parasite (chaleur des tunnels, énergie thermique captée par les chaussées en période estivale) ou permettrait d’en produire significativement (récupération de l’énergie géothermique le long des structures enterrées, enrobés à récupération d’énergie, calories véhiculées par les réseaux d’assainissement…).

Une recherche de la mise à profit des sources d’énergies parasites et potentielles pourrait être envisagée via des solutions techniques afin de réduire l’empreinte énergétique de l’ouvrage et viser à terme un statut de « boulevard à énergie positive ».

Par ailleurs, avec l’essor prévisible des véhicules électriques, la question du rechargement des batteries sera de plus en plus cruciale. L’utilisation de l’infrastructure ou du mobilier urbain pourrait être imaginée. La technologie permet, en complément des stations de recharge, d’imaginer un gain d’énergie pour les véhicules. Cette question de rechargement concerne aussi les vélos électriques qui contribuent au développement des mobilités douces.

Facilitation de la maintenance et gestion optimisée du patrimoine

La rénovation et le maintien de la qualité des routes est une préoccupation majeure pour le département. Intervenir à temps et dans les temps reste le moyen le plus sûr de ne pas engager des frais de rénovations importants. Il s’agit de connaître le réseau et les endroits ou intervenir en priorité et ainsi mobiliser les ressources financières les plus justes en étant le moins perturbant possible pour les usagers et riverains. La gestion des réseaux enterrés entre dans ce thème.

De nouvelles technologies peuvent permettre de faciliter la maintenance de la voirie en connaissant mieux et en quasi temps réel l’état de vieillissement de la chaussée, d’avoir des alertes sur l’état de la route, l’état de la signalisation, notamment. D’autres peuvent permettre une meilleure intervention grâce à de nouveaux équipements de communication avec les véhicules du gestionnaire, d’information des automobilistes ou encore de télécommande de feux couplés à de l’Intelligence artificielle. On peut enfin penser à des matériaux innovants permettant un faible coût de gestion et une contribution à l’économie circulaire.

La gestion optimisée du patrimoine intégrant également les parties enterrées des ouvrages (venues et évacuations d’eau, galeries souterraines, etc.), passe également par le déploiement d’outils de modélisation. Des outils sont en cours de développement dans le domaine des infrastructures et de l’aménagement urbain et offrent des perspectives prometteuses sur des sites aussi denses et évolutifs que celui du boulevard circulaire de La Défense.

Par ailleurs, des solutions en termes de matériau de voirie peuvent permettre de faciliter la maintenance et la gestion du patrimoine. Les procédés permettant d’intervenir sur les réseaux sans provoquer de faiblesses structurelles ou la résistance aux variations des conditions climatiques sont des pistes identifiées.

Nature en ville

L’amélioration du paysage urbain, surtout dans les secteurs les plus minéraux, implique notamment une présence plus importante des végétaux ; une végétalisation des abords du boulevard circulaire de La Défense offrirait ainsi un cadre plus apaisant, plus doux que la situation actuelle.

Au-delà de l’aspect visuel, la végétation peut contribuer à la trame verte urbaine, destinée à favoriser la présence d’espèces végétales et animales présentes aux alentours. Ainsi, une végétalisation du boulevard circulaire significative, conçue dans cet objectif, dans une logique de réseau écologique centré sur la biodiversité dite ordinaire pourrait améliorer le fonctionnement écologique du territoire environnant. Une telle démarche alliant qualité paysagère et fonctionnalité écologique, avec toutes les limites inhérentes au site lui-même, constituerait une approche exemplaire. L’innovation résiderait dans les solutions à mettre en œuvre pour créer de la végétation (indigène d’Ile-de-France si possible), s’épanouissant aussi naturellement que possible, la plus résiliente possible, avec le moins possible d’intervention humaine dans un contexte où les surfaces, les substrats et la disponibilité en eau sont contraints. Il s’agirait de faire du génie végétal là où le génie civil a tout créé jusqu’à présent. Toute opportunité pour rétablir des continuités avec les milieux environnant le boulevard circulaire seront à rechercher.

Enfin, la végétation aura le don de limiter l’effet « îlot de chaleur », particulièrement présent dans les zones fortement minérales. 

Eau dans la ville durable

Comme toute route, le boulevard circulaire génère des eaux de ruissellement. Cette eau se charge en polluants inhérents à la circulation et se déverse classiquement dans les réseaux d’assainissement.

Il s’agit de privilégier la gestion à la source et en surface des eaux pluviales, afin de réduire les rejets et d’offrir d’autres services pour l’environnement et le citoyen (en particulier en lien avec la végétalisation de ces ouvrages de gestion). La recherche de solutions de gestion alternative pour les pluies courantes, de solutions de dépollution in situ et de réutilisation de l’eau in situ, mérite d’être suivie. La faisabilité des projets qui seront proposés devra être vérifiée par le prisme du comportement des eaux d’infiltration (excès d’eau), en tenant compte de la contribution du sol et des interactions avec les ouvrages souterrains. Des projets innovants de prétraitement déporté des eaux de ruissellement peuvent être intégrés dans ce thème.

Par ailleurs, les eaux d’exhaures à travers son utilisation ou sa valorisation pourront également faire l’objet de propositions. 

Limitation des nuisances

La circulation du boulevard circulaire engendre inévitablement de la pollution atmosphérique et des nuisances sonores qui sont, particulièrement en milieu urbain, des enjeux majeurs de santé publique et de qualité de vie pour la population.

Les réguliers pics de pollutions dont la région fait l’objet et les enjeux associés nécessitent de traiter le sujet à différentes échelles. Des solutions peuvent être trouvées au droit des zones d’émissions que constituent les voies de circulations pour permettre de dépolluer l’air.

Les nuisances sonores routières sont nombreuses et difficiles à traiter (roulements des voitures, bruits moteur, accélérations intempestives, réflexions contre les parois conduisant à des effets de résonance, d’écho, d’amplification). Des solutions techniques permettent de les atténuer par le déploiement de voiries innovantes ou d’aménagement de l’environnement immédiat ainsi que d’une combinaison judicieuse de technologies.

Scénographie urbaine et usages

Le boulevard circulaire se présente aujourd’hui comme un support de mobilité non dissociable d’autres voies et sans identité propre. Son caractère circulaire autour de l’objet emblématique qu’est la Défense, et donc à la fois associé et distinct, offre une opportunité de proposer une animation particulière qui pourra être marquée par des évènements ou les saisons.

La fonction primaire du boulevard circulaire est la circulation automobile. Cette fonction a vocation à être maintenue mais pas nécessairement de manière unique. On peut imaginer que d’autres usages pour le boulevard circulaire notamment dans la participation à connecter la Défense et le tissu urbain voisin par exemple via l’activité économique ou l’animation et la diffusion culturelle (implantation d’œuvres…). La déclinaison de la mobilité douce (2 roues, trottinettes…) ou partagée (transports en commun, covoiturage…), par son caractère linéaire, apparaît également une piste d’usages complémentaire pour le boulevard circulaire. Le mobilier à travers les usages qu’il est susceptible de créer ainsi que tout élément participant à la création d’un « boulevard à vivre » peuvent également s’inscrire dans ce thème. 

Carte blanche

En dehors des thèmes évoqués plus haut, des propositions innovantes sont imaginables pour le boulevard circulaire. Ce thème permet le laisser s’exprimer ces solutions.